PARASITE

A tactical MMORPG based on real time geo-localisation

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 Je me souviens quand c’est arrivé.

Le spectacle était visible à l’œil nu à des centaines de kilomètres à la ronde : un monstre lumineux et incandescent déchirant l’atmosphère et le ciel. Aux quatre coins du globe, chacun retint son souffle devant les images de la retransmission. Puis il y a eu l’impact : un bolide de roche d’une centaine de mètres de diamètre, 50 000 tonnes, fonçant a près de 10km/s… Cela provoqua une onde de choc qui eut des répercutions tectoniques sur toute la plaque asiatique. Un nuage de poussière et de cendre recouvrit tout une partie du continent puis commença à s’étirer, porté par les vents.

Mais notre planète tint le choc.


Les images amateur circulaient en temps réel sur les réseaux, on vit rapidement les premières simulations en réalité virtuelle de l'événement ; les communautés scientifiques et politiques paradaient sur les plateaux pour affirmer que le pire avait été évité grâce au bouclier satellitaire installé à grand frais en orbite basse et qui aurait accompli son rôle en pulvérisant en plusieurs fragments l’astéroïde qui menaçait de détruire notre planète. Quelques dizaines de milliers de morts ne représentaient finalement que des pertes acceptables.

L’apocalypse n’était pas pour aujourd’hui, chacun pouvait retourner à sa routine.

Les autorités sino-russes de la Fédération des Empires Médians dépêchèrent en urgence tout un panel de chercheurs fortement encadrés militairement pour quadriller la zone et collecter des données que l’on pensait déjà révolutionnaires, sur un corps céleste ayant voyagé des millions d’années dans notre galaxie avant de venir se disloquer opportunément dans notre jardin.

C’est pourtant là - au milieu des spores et de la poussière - que quelque chose apparut, libéré des entrailles du météore. Ça émergea, prospéra, et se rependit dans l’air sous le couvert d’un nuage de particules.

Les premières images du brouillard ne tardèrent pas à filtrer tandis que des rapports confus parvenaient de la mission et que la communication au départ bavarde de la Fédération devenait de plus en plus cloisonnée, jusqu’au black-out.

La zone d’impact était peu peuplée, c’est sans doute pour cela que la vérité demeura cachée aussi longtemps, mais quand le brouillard atteignit les premiers centres urbains, la réalité finit par éclater sur tous les réseaux. L’astéroïde transportait un hôte, une forme de vie à l’état microbien, congelée pendant des millénaires et qui connaissait une renaissance fulgurante dans cet environnement terrestre parfaitement adapté à son développement. En quelques semaines, le brouillard s’était suffisamment épaissi pour que l’on puisse voir les spores à l’œil nu. Les vents leur permirent d’atteindre l’Europe et le sous-continent indien avant que le mois ne s’achève. Les premières infections d’abord peu virulentes, devinrent de plus en plus difficiles à contenir. Qui fut le sujet Alpha, ou plutôt, où apparut-il, le premier patient chez qui l’infection atteignit le stade de non-retour, le premier « parasite » ? Sans doute quelque part en Asie. Cela a-t-il de l’importance aujourd’hui...

Il fallut aux spores moins de trois mois pour recouvrir entièrement notre planète, la population mondiale fût décimée entre les morts et ceux qui sont infectés.

Pourquoi ai-je survécu, comment ? La chance, l’anticipation, du meilleur matériel… Un peu de tout ça.

Suis-je seule ?


Dehors au milieu du brouillard, ils sont là qui m’attendent, mais le combat se joue aussi au fond de moi, où je le sens que prospère cette infection. Combien de temps me reste-t-il avant qu’elle ne me prenne comme elle a pris les autres ?

Je ne vais pas rester à attendre la réponse, je vais aller la chercher, je ne peux compter que sur moi, sur ce que je sais, sur ce que j’ai appris, sur ce que vais apprendre, je vais survivre ou crever à essayer !


Calypso, le premier témoin

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C’est un miracle, j’en ai enfin trouvé un ! Les masques de chirurgien que je plaquais sous des écharpes n’étaient guère efficaces; et chaque sortie se transformait en course contre la montre, avant que ne me parvienne le goût acide des spores dont je tentais de protéger mes poumons ! Car oui, le mal est dans l’air, il prospère en pénétrant nos fragiles défenses; notre cage thoracique est la matrice des mutations.

Ce matin je me suis déplacée vers un nouveau quartier et j’ai trouvé un corps. “Frais”. Mort depuis quelques heures probablement, à moitié déchiqueté. Cela veut dire que potentiellement il peut y avoir d’autres survivants ! A moins que celui là ne fut le dernier, mais je n’y crois pas. Plus intéressant était son équipement dont un superbe masque à gaz en parfait état ! Je peux maintenant rester plusieurs dizaines de minutes dehors. J’y vais prudemment.


Calypso, le premier témoin